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Démosthène 0/3
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Biographie :
Démosthène, né à Athènes en 384 av. J.-C., mort à Calaurie en 322, homme d'État athénien, grand adversaire de Philippe II de Macédoine, l'un des grands orateurs attiques.
Démosthène naît dans une famille athénienne riche mais commerçante, ce qui lui vaut le mépris des vieilles familles aristocratiques. Son père, Démosthène de Péanie, possède en effet une manufacture d'armes. Sa mère est d'origine scythe, ce qu'Eschine lui reprochera plus tard. À sept ans, il devient orphelin. Son père, par testament, l'a confié à trois tuteurs : deux de ses neveux, Aphobos et Démophon, et un certain Therippide. Ses tuteurs dilapident sa fortune, soit par erreur de gestion ou par intention malhonnête. Le jeune homme se retrouve sérieusement appauvri.
À seize ans, il assiste par hasard au procès intenté à Callistratos, en 367 av. J.-C. Il est fasciné par le talent de l'orateur, et décide d'apprendre la rhétorique. Il devient alors l'élève d'Isée, un autre orateur attique, spécialisé dans les affaires de succession. Selon Plutarque, lors de son premier discours en public, l'assistance se moque de son problème d'élocution — vraisemblablement une difficulté à prononcer la lettre R — et de ses gestes maladroits.
« Il fut en butte aux clameurs et aux moqueries à cause de son style insolite, dont on jugeait les périodes tarabiscotées et les raisonnements poussés avec trop de rigueur et forcés à l'extrême. Il avait d'ailleurs, semble-t-il, une voix faible, une élocution confuse et un souffle court, qui rendait difficile à saisir le sens de ses paroles, obligé qu'il était de morceler ses périodes. »
(Plutarque, Vie de Démosthène, 9)
Démosthène s'efforce alors de rectifier ces défauts, allant jusqu'à s'entraîner à parler avec des petits galets dans la bouche. Il s'enferme régulièrement chez lui pour étudier le style de Thucydide. À cause de toutes ces préparations, et de sa réticence à improviser, les autres orateurs lui reprochent souvent de « sentir la lampe » et de n'avoir aucun don naturel.
Le fait est que pendant la suite de sa carrière, Démosthène accorde toujours beaucoup d'importance à la forme du discours. Plutarque rapporte ainsi :
« Un homme, à ce que l'on raconte, vint le trouver pour lui demander de le défendre et lui expliqua qu'on l'avait battu : « Allons donc, lui dit Démosthène, tu n'as pas été victime de ce que tu me dis. » Alors, l'homme élevant la voix et criant : « Moi, Démosthène, je n'en ai pas été victime ? » — « Par Zeus, reprit-il, maintenant j'entends la voix d'une victime. » Telle était l'importance qu'il accordait au ton et au jeu de ceux qui parlent pour obtenir créance. »
(Plutarque, Vie de Démosthène, 16)
Démosthène intente une série de procès contre ses anciens tuteurs, avec son premier discours judiciaire, Contre Aphobos, suivi du Contre Onètor. Il gagne ses affaires en 363, mais ne peut recouvrer qu'une partie de son héritage initial.
Démosthène se lance ensuite dans la carrière de son maître Isée. Il la mène avec un certain succès puisqu'il a comme clients certains des plus riches Athéniens, comme Phormion, pour lequel il écrit le Pour Phormion. L'affaire porte sur la somme considérable de 20 talents.
À 25 ans, il fait de nouveau une apparition publique avec deux discours politiques. Les deux, Contre Leptine et Contre les immunités, sont dirigés contre une proposition de loi interdisant d'excepter aucun citoyen des liturgies, sauf les descendants d'Harmodius et d'Aristogiton — c'étaient les tyrannoctones, les assassins du tyran Hipparque.
À partir de -351, Démosthène s'attaque à un défi d'une toute autre ampleur : il s'efforce de combattre le pouvoir de Philippe II de Macédoine, devenu de simple souverain d'un royaume périphérique, la puissance majeure du monde égéen. Le Macédonien vient d'intervenir en Thrace, menaçant ainsi les clérouquies d'Athènes et ses routes d'approvisionnement en blé. Les Athéniens sont démoralisés et enclins au défaitisme.
C'est alors que Démosthène prononce sa première Philippique. Il commence par montrer à ses concitoyens que la situation n'est mauvaise qu'en raison de leur inactivité, et qu'inversement un sursaut d'énergie peut renverser les choses. En pratique, il propose d'envoyer un corps expéditionnaire en Macédoine même. Démosthène s'oppose donc, par son volontarisme, à la politique défensive prônée par l'orateur Eubule. La majorité du peuple suit ce dernier.
Parallèlement, la cité d'Olynthe, alliée de Philippe II de Macédoine, s'inquiète elle aussi de l'accroissement du pouvoir du Macédonien. Elle a commencé à se rapprocher d'Athènes et a même signé une paix séparée pendant l'hiver 351-352. En -349, Philippe II de Macédoine exige d'Olynthe qu'elle lui remette deux réfugiés politiques macédoniens. Devant le refus de la cité, il envahit la Chalcidique. Olynthe appelle aussitôt Athènes à l'aide.
Démosthène soutient la requête de la cité dans sa première Olynthienne, où il pointe de nouveau du doigt l'inaction de ses concitoyens. Il propose un plan double : le premier volet consiste à aider Olynthe en lui envoyant un contingent. Le second propose de nouveau de frapper le royaume même du Macédonien. Si les Athéniens concluent bien un traité d'alliance avec Olynthe, ils rechignent à expédier des troupes, effrayés par la perspective d'une guerre avec Philippe II de Macédoine. Pour achever d'emporter leur assentiment, Démosthène prononce sa seconde Olynthienne, dans laquelle il entend démontrer la fragilité de la puissance de Philippe : ses alliés se retourneront contre lui, promet-il, au premier échec. Ce second discours n'est suivi d'aucune mesure effective, aussi Démosthène compose-t-il sa troisième Olynthienne, attaquant la loi d'Eubule : cette loi imposait de transférer les excédents du merismós (sorte de budget de la cité) au fonds des spectacles, le theôrikón, alors que depuis Thémistocle ils étaient affectés aux dépenses militaires de la cité. Les Athéniens refusent d'abroger cette loi, mais votent l'envoi de secours — si faibles qu'ils n'empêchent pas Olynthe de capituler.
Avant même la chute d'Olynthe, Philippe a proposé la paix à Athènes, sans doute parce qu'il préfère se consacrer à l'expansion vers le sud et l'est. En réponse, l'orateur Philocrate fait voter un décret autorisant le Macédonien à envoyer des hérauts. Démosthène est associé depuis le début aux entreprises de Philocrate. Il ne s'agit pas d'une volte-face : l'orateur entend profiter de ce répit pour renforcer les défenses d'Athènes. Parallèlement, Athènes approche les cités grecques, en leur proposant un sursaut panhellénique anti-macédonien. Cette initiative connaît l'échec, dans une relative indifférence athénienne. En effet, la cité a désormais le regard tourné vers les protagonistes de la Troisième Guerre sacrée. Pour empêcher une intervention macédonienne, les Phocidiens confient la garde du défilé des Thermopyles aux Spartiates et aux Athéniens. La menace directe sur la Grèce centrale et le Péloponnèse semble écartée. De nouveau, Athènes envoie des ambassades pour fédérer les cités grecques, que ce soit pour la guerre ou pour la paix. Un retournement de situation survient alors : un nouveau coup d'État fait revirer les Phocidiens en faveur de Philippe. Les contingents spartiate et athénien se voient interdire l'accès aux Thermopyles. Une ambassade comprenant Démosthène et Eschine est envoyée d'urgence à Philippe, dans l'espoir de conclure une paix. Eschine prétendra que « Démosthène fut si décontenancé devant Philippe qu'il bafouilla un discours inintelligible. » Démosthène doit donc de nouveau consentir une paix temporaire, compte tenu de la faiblesse dans laquelle se trouve Athènes.
Dès -344, cependant, la deuxième et la troisième Philippique exhortent de nouveau les Grecs à réagir :
« Ce qui me frappe, c'est que tous aujourd'hui, — à commencer par vous, — oui, tous lui concèdent ce qui, de tout temps, a fait le sujet de toutes les guerres en Grèce. Quoi donc ? Le droit de mutiler et de détrousser à son gré tous les Grecs l'un après l'autre, celui d'attaquer les villes et de les réduire en esclavage. (...) Et pourtant, tous les actes injustes qui ont pu être commis, soit par les Lacédémoniens pendant ces trente années, soit par nos ancêtres en soixante-dix ans, n'égalent pas, Athéniens, le mal que Philippe, depuis moins de treize ans qu'il a émergé de son obscurité, a infligé aux Grecs ; ou plutôt ils ne sont rien en comparaison. »
(Démosthène, IIIe Philippique, II, 21)
Malgré l'alliance avec Thèbes, Athènes et les cités grecques sont vaincues à Chéronée en -338.
Démosthène continue à plaider en faveur de la résistance au Macédonien, par exemple dans son Oraison funèbre des morts de la guerre. Nommé commissaire chargé de la surveillance des travaux de reconstruction des fortifications, Démosthène y contribue sur sa propre fortune. En -337, Ctésiphon propose que la cité lui décerne une couronne d'or, lors des Dionysiaques, pour ses mérites. Eschine, un autre des orateurs attiques, attaque le projet comme illégal dans son Contre Ctésiphon : Démosthène n'a en effet pas rendu de compte à l'issue de son mandat. Si Eschine a raison d'un point de vue juridique, il s'agit de toute évidence d'attaquer Démosthène sur ses idées politiques.
Démosthène écrit lui-même le discours de son admirateur, c'est le Sur la couronne, probablement son chef-d'œuvre. Eschine, désavoué, doit s'exiler.
En -324, c'est au tour de Démosthène lui-même de prendre le chemin de l'exil, suite à l'« affaire d'Harpale » : il est accusé d'avoir détourné une partie de l'argent placé sous séquestre par le trésorier d'Alexandre, Harpale. Il doit se retirer à Égine, puis à Trézène. Il est rappelé à Athènes par le peuple en -323, suite à la mort d'Alexandre. Il y prononce de nouveau des discours anti-macédoniens, mais la défaite de Crannon, lors de la guerre lamiaque, le force de nouveau à fuir, cette fois, en compagnie de l'orateur Hypéride, pour échapper aux soldats d'Antipater.
En -322, il se réfugie dans le temple de Poséidon situé dans l'île de Calaurie, au large de l'Argolide. Plutarque rapporte qu'il est abordé dans le temple par un dénommé Archias, ancien acteur et affidé d'Antipater. Celui-ci veut attirer Démosthène en lui promettant la vie sauve. Démosthène refuse, et prétendant écrire une lettre à sa famille, s'empoisonne en mordillant l'extrémité de son calame, comme il avait l'habitude de le faire en réfléchissant.
« Démosthène, sûr désormais que le poison avait bien pénétré et était en train d'opérer, se découvrit et, fixant son regard sur Archias : « Tu peux maintenant, lui dit-il, te hâter de jouer le Créon de la tragédie et faire jeter ce corps sans sépulture. Pour moi, ô cher Poséidon, je sors encore vivant de ton temple, tandis qu'Antipater et les Macédoniens n'ont même pas respecté la pureté de ton temple. » Sur ces mots, il pria qu'on le soutînt, parce que déjà il tremblait et chancelait, et dès qu'il fut sorti et eut dépassé l'autel, il tomba et rendit l'âme dans un gémissement. »
Conclusion :
Avec Cassandre, c’est le protagoniste pour lequel j’ai le plus de haine. C’est lui qui contribua à la mauvaise réputation de Philippe. Il essaya de même avec Alexandre mais fort heureusement échoua, écrasé par la grandeur de l’incroyable odyssée du jeune roi. Comment cet homme pouvait il prétendre aimer son pays quand il acceptait l’or perse pour monter Athènes contre les autres cités, provoquant ainsi des milliers de morts, contribuant à affaiblir la Grèce de l’intérieur ? On reprocha souvent à Alexandre d’avoir rasé Thèbes mais Démosthène fut le véritable responsable de ce massacre puisque c’est lui qui poussa les Thébains à la révolte. Il n’avait que son venin pour arme. Toujours il frappait ses adversaires dans le dos. Ne fut il pas impliqué dans le meurtre de Philippe ? Ne profita pas t il de sa mort pour essayer d’anéantir la Macédoine alors qu’Alexandre était déjà aux prises avec ses propres proches pour affirmer sa légitimé au trône ? N’essaya t il pas de soulever les cités grecques contre Antipater pendant l’absence d’Alexandre ? S’il avait eu vraiment cette foi en la grandeur de la Grèce, il se serait rallier aux idées de Philippe au lieu de les combattre. Comme certains aujourd’hui, il fait appel à la haine et à la peur de l’étranger pour consolider son propre pouvoir sur la masse populaire.
Acteurs connus : Michael Hordern
Acteur idéal : Ian Holm
C'est acteur a pourtant interprété des rôles plutôt sympathiques : le gentil moine du Cinquième Elément de Besson, l'initiateur belge de Tarzan dans Greystoke avec Christophe Lambert. C'est pourquoi je le verrai bien en contre-emploi avec Démosthène parce que l'air de rien, malgré ses airs de gentil papy, il peut affecter une grande sévérité. Je pense notamment à son rôle de sénateur dans Gladiator où il fait déjà appel à ses talents d'orateur. Par ailleurs son physique plutôt ingrat irait de pair avec le bégaiement de Démosthène.
DEMOSTHENE

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