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Critique des musiques de la B.O du film « Alexandre » d’Oliver Stone (Musique de Vangelis)

Introduction
Young Alexander
Titans
The Drums of Gaugamela
One Morning at Pella
Roxane's Dance
Eastern Path
Gardens of Delight
Roxane's Veil
Bagoas' Dance
The Charge
Preparation
Across the Mountains
Chant
Immortality
Dream of Babylon
Eternal Alexander
Tender Memories

1-Introduction (1’32) 2/5
Trop pompeux à mon goût. Avec un tel générique de début, on a très vite peur, on s’attend au film classique bien scolaire. Malgré tout, la musique respire assez agréablement la soif de conquête et de découverte.

2-Young Alexander (1’36) 3/5
Légère, agréable, entraînante, on vole avec Alexandre et Bucéphale dans les prairies macédoniennes. Toutefois un peu de naïveté.

3-Titans (3’59) 3/5
Avec Titans, Vangelis nous en impose et nous en met plein la gueule. Avec cette musique martiale, ode à Arès, on se sent à l’aube d’une formidable odyssée, on voit l’armée en marche avancer courageusement et sereinement vers son destin. Elle exacerbe encore plus notre attente des scènes à venir.

4-The Drums of Gaugamela (5’20) 5/5
Voilà une musique qui fait froid dans le dos, on se sent tout petit, écrasé par la violence de la charge des cuivres. Le rythme à la fois effréné et brouillon rend incertaine l’issue de la bataille. Chaque changement de tempo marque les diverses étapes de la bataille jusqu’à ce que les trompettes célèbrent la victoire d’Alexandre. On vit la bataille en live. Les chœurs donnent à cette palpitante œuvre un petit goût d’exotisme des plus originaux, un petit quelque chose d’Afrique, qui vient cassé agréablement le rythme emballé de la musique.

5-One Morning at Pella (2’11) 5/5
Une musique pleine de tendresse, émouvante par ce fol amour maternel qu’elle dégage.  C’est le calme avant la tempête. On y sent le besoin vibrant d’Olympias de protéger son fils, de l’écarter des vices de la cour et de la violence des hommes. One Morning at Pella, c’est le repos du guerrier, une vraie musique d’évasion. Il y a aussi de la tristesse et de la nostalgie.

6-Roxane’s Dance (3’25) 4/5
Ensorcelante et enivrante, cette musique charmerait n’importe quel serpent, fut il Alexandre. Toutefois le son répétitif des crécelles peut un peu taper sur les nerfs.

7-Eastern Path (3’58) 5/5
Une véritable énigme. C’est la musique certainement la plus noire et la plus triste. Elle nous ouvre la porte sur des jours sombres, on y est crucifié par les larmes de douleur de ce monde qui s’écroule.

8-Gardens of Delight (5’24) 3/5
Un peu tape à l’œil à l’image des courtisanes qui se déhanchent pour chercher le regard du roi. Le rythme lascif peut lasser quelque peu.

9-Roxane’s Veil (4’40) 5/5
La plus belle de l’album. Violence d’une passion, douleur d’aimer, tendresse déchirante, espoir d’un futur possible entre deux êtres, cette musique sensuelle est toute à l’image de la complexité des sentiments d’Alexandre. Elle nie les différences culturelles, célébrant un amour impossible envers et contre tous, entre deux êtres fatigués de lutter qui cherchent un peu de réconfort.

10-Bagoas’ Dance (2’20) 4/5
Une danse insouciante qui laisse pourtant présager pourtant d’un terrible drame (la mort de Kleitos) par des signes implacables : bruits étranges de la jungle, puissance invisible de Dionysos et des divinités indiennes. Une musique orgiaque qui teinte de violence noire la danse amoureuse de Bagoas, prélude à un sacrifice humain.

11-The Charge (1’41) 4/5
Une musique martiale où on y entend les échos de la folie meurtrière d’un Alexandre qui a perdu tout contrôle de lui-même, possédé par Arès. Déjà on sent le drame qui ne va pas tarder à clôturer cet instant épique. Toutefois cette musique ne peut s’écouter sans les images du film quand l’écran se teinte de sang.

12-Preparation (1’42) 2/5
Théoriquement, elle devrait précéder The Charge car les deux s’écoutent ensemble. Un peu soûlante (style une finale à la Star Ac’ où Nikos met une plombe à annoncer le nom du gagnant).

13-Across the Mountains (4’12) 4/5

Une musique qui célèbre ici le courage et l’opiniâtreté de l’explorateur qu’est Alexandre. On s’y sent à l’approche de découvertes capitales pour l’Humanité. Ces exploits himalayens surhumains font rêver, ils nous donnent envie d’évasion, combat utopique de David contre Goliath, d’Alexandre qui rêve même de défier la montagne. Peut être un côté trop idéalisé.

14-Chant (1’38) 4/5
Lugubre et implacable, Chant annonce l’agonie irréversible d’Alexandre. Flippant et déprimant.

15-Immortality (3’18) 4/5
Indissociable de la musique précédente, Immortality c’est avant tout les larmes d’un rêve qui s’achève trop tôt. On y sent comme un indicible espoir vite éteint comme un mirage en plein désert. Le grelot perse clôture ironiquement le destin du plus grand conquérant.

16-Dream of Babylon (2’41) 3/5
Une musique un peu trop triomphante et idéalisée, pesante même. Mais pourtant lucide quand elle laisse entrevoir le héros qui se laisse aveugler par toute cette poudre qu’on lui jette aux yeux (quand la musique devient cristalline).

17-Eternal Alexander (4’37) 2/5
A l’image du générique du début. Trop de pompe, trop de théâtralité, trop de classicisme scolaire.

18-Tender Memories (2’59) 3/5
Tender Memories a un petit quelque chose de A Morning at Pella. Une musique très protectrice, pleine de tendresse maternelle. Elle est judicieusement placée en fin d’album pour rappeler, en contre point du Dieu qu’était Alexandre, qu’il avait été avant tout un enfant, un simple être humain. Et à cet aspect d’Alexandre qu’on restera attaché à jamais.

En conclusion :
Un album, entaché quelque peu par ses génériques de début et de fin lourds et classicismes, qui prend toute son ampleur avec des morceaux très originaux comme The Drums of Gaugamela ou avec des moments de grâce comme A Morning at Pella. Les musiques correspondent bien aux thématiques abordées par le film et les transitions sont soignées.

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