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Interview de Dale Dye : Comment çà marche l'entraînement commando des acteurs d'Alexandre (Première)
Dale Dye, ancien marine, a dompté les « lopettes d’Hollywood » (ce sont ses mots) pour les besoins d’Alexandre, d’Oliver Stone. Autant dire qu’on a évité de faire les malins pendant l’entretien.
Thaïlande, fin janvier 2004. Une journée comme les autres sur le plateau d’un film à 150 millions de dollars : 300 figurants, 20 éléphants, une centaine de techniciens et Oliver Stone, à l’abri sous une grande tente noire, qui tourne son Alexandre avec Colin Farrell. Débarque soudain un grand mec, treillis et casquette militaire sur la tête, qui se met à parler comme un GI et engueule les pauvres figurants, couverts de sang et de boue. Ce gentil monsieur, c’est Dale Dye, ex-marine devenu le conseiller militaire d’Oliver Stone depuis Platoon. Les jambes tremblantes et la goutte sur le front, nous l’avons abordé
DALE DYE : Que puis je faire pour vous ?
PREMIERE : Que s’est il passé dans le camp d’entraînement où vous avez envoyé les acteurs ?
Nous avons tenté d’imaginer ce qu’était la vie de soldats il y a 2300 ans, et nous les avons immergés dans cette époque pendant trois semaines ; Ils ont apporté des casques, des armures, et travaillé en plein soleil … On les réveillait dès l’aube, ils ne mangeaient qu’un seul repas par jour qu’ils devaient préparer eux-mêmes. Et, croyez-moi : je n’hésite pas à faire morfler un acteur. Les acteurs n’existent pas à mes yeux. Les soldats, oui. Dès que vous dépouillez un acteur de son ego, il devient un être humain. C’est ce qui m’intéresse.
Comment ont-il réagi au début ?
Comme vous l’auriez fait. Ils étaient soit très énervés, soit tellement choqués qu’ils se soumettaient. Dans les deux cas, j’en ai rien à foutre !
D’accord. Et … vous prolongez l’expérience sur le plateau également ?
Si c’était moi, ils vivraient toujours dans ces conditions-là. Mais regardez autour de vous : il y a les lopettes du maquillage, la cantine, toutes ces conneries. C’est incroyable … Vous avez vraiment besoin de maquillage pour jouer un soldat ?
Vous collaborez avec Oliver Stone depuis 1986 ?
Oliver et moi nous avons fait six films ensemble depuis Platoon. Mon rôle est principalement de veiller au réalisme de ce qui se passe à l’écran. Je dirige également des plans de seconde équipe pour lui. J’ai appris à comprendre ce qu’Oliver veut, et il sait qu’il peut l’obtenir de moi. J’ai énormément de respect pour lui : il a combattu au Vietnam, il sait de quoi il parle. Mon meilleur souvenir reste Platoon, un film qui a lancé nos deux carrières. Nous étions perdus dans la jungle, nous n’avions rien. A part un grand scénario.
Il vous consulte, pour les scènes d’amour ?
Pas vraiment !
PAR MATTHIEU CARRIERE
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