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Document sur Philippe de Macédoine paru dans Point de vue
Philippe de Macédoine : un trésor pour l'éternité
En hommage à son père, Alexandre le Grand fit édifier une tombe superbe où il plaça les trésors de Philippe II de Macédoine. Découvert en 1977, le tombeau a révélé le site archéologique d’Aigai, ancienne capitale de la Macédoine. Aussi prestigieux que Delphes ou Olympie, il s’ouvre enfin au public.
Au milieu du XIXème siècle, un jeune archéologue français, Léon Heuzé, effectue une mission archéologique en Macédoine. Au pied du mont Piéra, il découvre un site dont il pressent très vite l’importance. « Quel que soit le nom de cette cité inconnue, écrit-il, ses ruines présentent un intérêt digne de celles de Pompéï. » Léon Heuzé obtient la protection de Napoléon III et revient sur le site. Mais ses recherches autour de la petite bourgade de Vergina demeurent vaines.
Son intuition, pourtant, était juste. En 1977, le professeur Andronikos, de l’université de Thessalonique, entreprend à Vergina des fouilles d’envergure. Un grand tumulus artificiel d’environ 120 mètres de diamètre s’élève au milieu d’une mer d’arbres fruitiers. Au terme de patients travaux, ce tumulus va livrer son secret. Il dissimule une tombe intouchée depuis plus de deux millénaires. Le trésor qu’elle contient prouve qu’il s’agit de celle du roi Philippe II. Le professeur Andronikos va mettre progressivement à jour un site archéologique aussi important que Delphes ou Olympie. Vergina, en effet, n’est autre qu’Aigai, ancienne capitale du royaume de Macédoine et nécropole de ses rois.
Lorsque Philippe II accède au trône, vers 356 avant JC, après avoir écarté cinq successeurs légitimes, la Macédoine n’est encore qu’un petit royaume balkanique. Le nouveau souverain est né en tenant dans sa main son cordon ombilical. Depuis, les oracles l’ont prédestiné à une exceptionnelle carrière de conquérant. Ambitieux, coléreux, courageux, peu scrupuleux sur les moyens de sa gloire, Philippe transforme la Macédoine en un des pays les plus riches et les plus puissants du monde antique. Il consolide ses frontières et met sur pied une puissante armée. Il profite des discordes des cités grecques pour s’y trouver des appuis et les battre les unes après les autres. Belliqueux en diable, Philippe II prend Byzance en 240, bat Athènes et Thèbes en 338 et dicte sa loi à la Grèce en 337, au Congrès de Corinthe. « Quel homme !, dit de lui son ennemi Démosthène. Par amour pour le pouvoir (…), il s’est fait crever un œil, casser une épaule et mettre hors d’état un bras et une jambe. » En 336, alors qu’il se prépare à entrer en guerre contre les Perses, Philippe est poignardé par un officier de sa propre armée. Cet assassinat conduit sur le trône son fils Alexandre, âgé de vingt ans.


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